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Allons au Cinéma avec Tommy

12

5 Juillet 2014, 18:17pm

Publié par Tommy's Ghostwriter

12

Un film de Nikita Mikhalov

Note: 15/20

Critique: Ce drame reprend le principe du film 12 hommes en colère et l’aménage à la sauce russe.

Un meurtre est donc analysé par 12 jurés qui doivent voter à l’unanimité sur la culpabilité ou non du jeune inculpé. La mise en scène est audacieuse. A travers un huis clos où les esprits se déchainent et des flash-back (coupant certes parfois trop le rythme) ouvrant sur le passé de l’inculpé et ultra esthétisés, on est surpris par la réalisation. La photographie impose de nombreux symboles mais c’est surtout la sublime BO qui nous fera frémir lors des moments les plus tendus.

Les 13 acteurs principaux sont tous très bons et proposent chacun une vision juste d’une classe sociale de la Russie actuelle. Tous incarnent avec passion et puissance leur personnage tous à fort caractère et aux parti pris bien marqués. On notera surtout les prestations de Sergey Makovetsky en judicieux et malin juré, calme et réfléchi s’opposant à son confrère Sergei Garmash, juré sanguin, pressé et violent, n’hésitant pas à user de la violence pour s’imposer. Yuri Stojanov interprète un riche homme d’affaire tandis que Valentin Gaft jouera un chirurgien, tous deux très convaincant.

Convaincant, ils se doivent de l’être non seulement pour le spectateur mais aussi entre eux. Vous l’aurez compris, le film est une sorte de gigantesque argumentaire où 12 points de vue vont se confronter afin d’établir la culpabilité ou non de l’homme. Chacun bien sur apporte sa petite histoire, ses références en la matière et tente de faire basculer en leur faveur. C’est un vrai duel d’esprit où la persuasion est mise en exergue. Les arguments n’ont globalement pas de grand intérêt, ce sont surtout leur rhétorique qui captive et la mise en scène qui l’accompagne.

Le développement ne présente pas de grandes surprises si ce n’est une fin étonnante, bien plus sombre qu’on aurait pu le deviner, apportant une dimension plus profonde au film. Malgré ses quelques longueurs, l’œuvre reste passionnante et nous entraine pendant deux heures dans ce huis clos russe actuel.

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