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Allons au Cinéma avec Tommy

Interview: Lee Su Jin

9 Septembre 2015, 18:23pm

Publié par Tommy's Ghostwriter

Interview: Lee Su Jin
Interview: Lee Su Jin

Primé dans plusieurs festivals pour son film A Capella, le réalisateur coréen nous dévoile divers aspects de son premier long métrage.

Tommy’s Ghostwriter : Le film est très soft, pas de scènes horribles (contrairement à vos courts-métrages), pourquoi ce choix ?

Lee Su Jin: Il y a eu beaucoup de changements dans ma perception du cinéma, comparé à mes précédents courts métrages, ce film est très soft. Je ne voulais pas que le public soit choqué, j’ai réfléchi à amener la chose de la manière la plus douce possible avec une mise en scène qui se concentre avant tout sur la réaction des gens entourant Han Gong Ju plutôt que sur les faits eux-mêmes.

T’Gw : Comment avez-vous choisi l’actrice principale ?

Lee : Je l’ai découvert par hasard dans une vidéo de casting, j’ai flashé sur son côté très naturel. Je voulais une actrice qui ne surjoue pas, c’est pourquoi pendant 2 mois, nous l’avons imprégné de la situation du viol, c’est d’ailleurs cette scène par laquelle nous avons commencé le tournage.

T’Gw : On ne voit à l’écran le couple adultère faire l’amour, uniquement après un échange de « je t’aime », est-ce que cela rend leur acte plus légitime ?

Lee : Je n’ai pas vraiment réfléchi à ce lien de causalité entre la scène du « je t’aime » et la scène où on les voit faire l’amour. Quoi qu’on puisse en croire, bien que ce couple soit adultère, ils sont tous les deux vraiment amoureux l’un de l’autre. C’est une façon de montrer à Han Gong Ju qu’il existe une autre forme d’amour et que le sexe n’est pas si horrible.

T’s Gw : Votre message à la fin du film serait le suivant : on peut toujours surpasser nos problèmes, aussi grands soient-ils. Vous pensez donc qu’elle renait ?

Lee: Je pense en effet qu’elle s’en sort à la fin, c'est un message d'espoir, mais certains m’ont dit qu’ils trouvaient la fin pessimiste. Je voulais que le spectateur s’interroge sur ce qu’est la vie de toutes ces jeunes filles, au bord du gouffre, proche de la mort.

Interview: Lee Su Jin
Interview: Lee Su Jin
Interview: Lee Su Jin

T’s Gw : En Corée, qu’arrive-t-il vraiment lors de cas similaires, les victimes subissent elles toutes les mêmes contraintes de vie ?

Lee : C’est vrai que le film est basé sur des faits réels (NdR : un viol collectif de 46 garçons sur plusieurs jeunes filles) mais tous les personnages sont fictifs. Ma version est donc très différente de ce qu’il s’est vraiment passé.

T’s Gw : En partant de ce fait réel, vous montrez une vision très pessimiste de la société coréenne, que représente pour vous les notions de dignité, d’honneur et de réputation ?

Lee : Je pense en effet que ce qui se passe dans ce film existe bien dans la société coréenne mais il ne faut pas le généraliser. Ce n’est peut-être pas la vérité, mais je pense que c’est quelque chose de très difficile à révéler, malheureusement la condition sociétale fait que c’est ainsi que certaines victimes de viol sont traitées. Han Gong Ju a surement honte de sa réputation mais je voulais que ce soit une fille forte (NdR: en coréen son nom signifie "princesse") et courageuse qui dépasse cela. Elle essaie de communiquer à travers la musique, plutôt qu’avec des mots.

T’s Gw : Souhaitiez-vous spécialement dénoncer les pratiques de la société coréenne et pourquoi pas en attendez-vous des changements ?

Lee : Je ne veux pas dénoncer quelque chose spécifiquement, mais plutôt amener une discussion sur le sujet sans pointer du doigt des responsables. Je pense juste qu’on devrait se pencher davantage sur ce genre de situation afin de trouver des solutions. Mon film n’est pas centré sur le passé mais sur le futur.

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